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Posted by on 24 Déc 2015 | 3 comments

Le 33ème Régiment d’Infanterie : des origines jusque début août 1914

Présentation du Régiment

Introduction

A l’entrée de la Grande Guerre, notre régiment, le 33ème Régiment d’Infanterie est organisé suite à nombre de Lois, de Décrets, d’Instructions provisoires, d’Instructions Officielles, d’articles relatifs à… (et leurs annexes).

Le tout amène au plan XVII de l’armée française applicable à partir du 15 avril 1914.

L’organisation que nous allons présenter, n’envisagera que ce qui se rapporte à l’Infanterie et plus particulièrement au 33ème R.I, ce qui est déjà assez ambitieux !!

Et pas simple à s’y retrouver avec les répartitions et distributions des hommes et des unités avec leurs dénominations et leurs numéros !

En 1914, il y a 2 Armées : l’Armée de Terre et La Marine (L’Aviation, 3ème pilier de notre défense ne sera créée que plus tard.)

L’Armée de Terre est composée de :

  • L’Infanterie
  • La Cavalerie
  • L’Artillerie

Le 33ème, Régiment d’Infanterie fait partie de :

  • La Vème armée de l’Armée de terre
  • Le 1er Corps d’armée
  • La 2ème Division
  • La 3ème Brigade

Nous détaillerons tout ceci un peu plus bas.

Organisation Générale de l’Armée

Service militaire

Organisé par « La loi du recrutement » du 21 mars 1905 modifiée le 7 août 1913.

Le service militaire est général et obligatoire pour tous.

Chaque Français est soumis au service militaire pendant vingt-huit années.

Le service militaire compte du 1er octobre de l’année du conseil de révision.

Pour les engagés volontaires du jour de leur engagement.

De 20 à 48 ans, tout Français de sexe masculin est donc mobilisable.

Pendant la durée de leur service dans l’armée active, ils ne sont pas assujettis à l’impôt personnel.

Le service militaire prescrit par la loi est l’impôt le plus sacré de tous : c’est l’impôt du sang.

Il comprend :

  • 3 ans dans l’armée active
  • 11 ans dans la réserve de l’armée active
  • 7ans dans l’armée territoriale
  • 7ans dans la réserve de l’armée territoriale

Les militaires des classes 1911 et 1912 ne font que deux années de service actif ; mais leur service total aura une durée de vingt-huit années, dont sept dans la territoriale et sept dans la réserve de la territoriale (le temps réglementaire dans la réserve est porté à 12 années). La loi du 7 août 1913 ne s’applique qu’à partir de la classe 1913.

L’armée, dont la devise est « Honneur et Patrie », repose sur les principes suivants :

  1. Le patriotisme et le dévouement
  2. La discipline, la subordination et le devoir
  3. L’obéissance et le respect
  4. L’instruction militaire
  5. La volonté de vaincre

Au régiment :

  1. On acquiert l’instruction militaire qui doit faire du jeune homme un soldat instruit, brave, robuste, sachant combattre avec intelligence et avec ardeur
  2. On y exalte les idées de fidélité, de dévouement et de sacrifice pour le pays, on y apprend l’honneur, l’amour du devoir et la haine de celui qui chercherait à porter atteinte à notre sol, à nos mœurs, à notre liberté nationale
  3. On se prépare par la discipline et par les nobles sentiments de l’armée à devenir de bons citoyens ayant le respect de l’autorité et la conscience de leurs devoirs

Les supérieurs

Le soldat doit considérer ses supérieurs comme des chefs et des amis. Il doit leur obéir et se dévouer pour eux, car eux aussi se dévoueront pour lui. Les officiers et les soldats sont solidairement liés dans l’accomplissement d’une mission unique et de devoirs envers le pays, aussi collaborent-ils en commun, selon les degrés de la hiérarchie, à un même devoir national.

« Soldats ! Vos supérieurs cherchent à bien vous connaître pour vous guider, vous soutenir et pour obtenir de vous tout ce que vous pouvez donner pour le bien du service et pour la défense de la Patrie. Vos officiers se sont voués à la Patrie, à l’éducation militaire de toute la jeunesse française pour la mettre à même de remplir son devoir civique de guerre ; ils sont toujours prêts au sacrifice de leur vie pour la cause commune. Ce sont eux qui vous conduiront à l’ennemi le jour où notre sol sera menacé. Tels sont les titres qui leur donnent droit à l’obéissance, au respect et au dévouement des soldats. L’autorité de l’officier est incontestable, elle est une des plus légitimes. C’est lui qui crée l’armée, qui l’organise, et c’est sa valeur intellectuelle et morale qui fait la force de cette armée. Méritez l’estime de votre chef, ayez confiance en lui, regardez-le bien en face, avec ce regard qui exprime la force, l’énergie et la loyale amitié.

Le chef de corps et les officiers, secondés par les sous-officiers, sont spécialement chargés de veiller aux intérêts particuliers du ; ce sont eux qui lui procurent, grâce aux allocations de l’État, tout ce qui est nécessaire à sa vie, à son bien-être et à son entretien pendant le temps qu’il passe sous les drapeaux. Si le soldat a quelque chose qui le préoccupe, qui l’ennuie ou s’il a un désir soit dans le service, soit dans sa vie privée ou au sujet de sa famille, il fera toujours bien de le dire à son officier, à son capitaine, qui saura lui donner ce bon conseil qui enlève l’ennui et procure le calme. Mais avant de s’adresser au capitaine, le soldat devra demander à son responsable s’il peut parler au capitaine. Le soldat doit aimer son régiment et le considérer comme une nouvelle famille de son pays, de sa patrie. Le soldat doit respecter le Gouvernement de la République Française, le Président, chef de l’Etat, et les ministres chargés de l’exécution des lois et détenteurs du pouvoir. »

Instructions officielles de l’Etat-Major 1910

Organisation du Territoire

A l’entrée de la Guerre, le territoire est subdivisé en 21 régions militaires, chacune fournissant un corps d’armée. La 21e région militaire avec pour chef-lieu Épinal, qui génère le 21e corps d’armée, est créé en 1913.

La carte ci-dessous, montre la répartition de ces régions militaires et corps d’armées.

Carte des régions militaires en métropole en 1914.

Carte des régions militaires en métropole en 1914

Carte des régions militaires en métropole en 1914

Carte des régions militaires en métropole en 1914

En 1914, le plan XVII crée 5 armées qui sont réparties sur le territoire afin de répondre à la menace allemande d’envahissement du territoire.

Description succinte des 5 armées

  • Général en chef : Général Joffre
  • 1ère Armée : Général Dubail
  • 2ème Armée : Général de Castelnau
  • 3ème Armée : Général Ruffey
  • 4ème Armée : Général de Langle de Cary
  • 5ème Armée : Général Lanrezac
Répartitions des 5 armées française en 1914

La carte ci-dessus, montre la répartition de ces armées

Le 33ème fait partie de la Vème armée de l’Armée de terre (Gal Lanrezac).

La 5e armée française

La Vème armée Française est aussi nommée Armée de Paris.

Son Commandant en chef :

Le Général Charles Lanrezac du début du conflit jusqu’à son limogeage (très controversé) le 4 septembre 1914. Il sera remplacé par le Général Louis Franchet d’Espèrey.

Les effectifs : 299 350 hommes.

Officiellement : 290 464 soldats et 8886 officiers (près de 300 000 hommes)

Répartis ainsi :

  • 170 bataillons d’Infanterie
  • 1 corps de divisions d’Afrique du Nord
  • 58 escadrons de cavalerie
  • 195 batteries d’artillerie dont 17 d’artillerie lourde
  • Le corps de cavalerie « CC » commandé par le Général Sordet, surnommé « Corps Sordet »
  • 1 bataillon de réserve, celui du Général Mardochée Valabrègue
  • six escadrilles et…
  • Des unités de soutien (non détaillé ici, voir Ordre de bataille de l’armée française en août 1914 sur Wikipedia)
  • Et… 108 360 chevaux

Descriptif sommaire de la Vème Armée (GQG et infanterie) :

L’Etat-Major de la Vème Armée (le GQG)

  • Général Commandant en chef : Le Général Charles Lanrezac (remplacé le 4 septembre 1914 par le Gal Franchet d’Espérey)
  • Chef d’état-major : Général Alexis Hély d’Oissel (remplacé le 28 septembre 1914 par le Lieutenant-Colonel Charles de Lardemelle)
  • Sous-chef : Lieutenant-Colonel Daydrein
  • Chef du 3e Bureau3 : Commandant Schneider
  • Chef de l’aviation : Lieutenant-Colonel Ganter
  • Commandant du génie : Colonel Henry

Le 1er échelon de l’état-major, mobilisé à Paris, part pour Rethel le 4 août à 18 h 30. Le Général Lanrezac arrive le 5 et prend le commandement.

L’état-major est divisé en quatre bureaux aux effectifs variables :

  • 1er Bureau : effectifs
  • 2e Bureau : renseignement
  • 3e Bureau : opérations
  • 4e Bureau : transports, ravitaillement

Certains ont un officier nommé à leur tête, parfois, ils sont commandés directement par le Chef d’Etat-Major ou son adjoint.

L’Infanterie de la Vème Armée :

La 5e armée est composée le 2 août avec 5 Corps d’Armée d’Infanterie suivants :

Les 1er, 2e, 3e, 10e et 11e Corps d’Armée d’Infanterie.

Infanterie de la 5e armée en 1914

BCP : Bataillon de chasseurs à pied

Nous allons nous intéresser à la situation du 33ème R.I

Le 33ème fait partie de :

  • La Vème (5ème) armée de l’Armée de terre. Gal Lanrezac
  • Du 1er Corps d’armée. Gal Franchet d’Esperey
  • De la 2ème Division Gal Deligny
  • De la 3ème Brigade Gal Duplessis

1e C.A. (Lille) : général Louis Franchet d’Esperey

Un Corps d’Armée est constitué de 2 divisions. Un Corps d’Armée, est composé d’environ 40 000 hommes, répartis ainsi :

Dans 2 Divisions d’Infanterie : 1ère et 2ème (Aux divisions d’Infanterie sont rattachées d’autres unités citées un peu plus bas).

Une division d’infanterie : 16 000 hommes. C’est aussi 2 Brigades. Une Brigade étant composée de 2 Régiments soit environ 6800 hommes.

La différence dans le décompte des hommes est dû aux hommes répartis dans des « Unités spéciales ».

Descriptif des 2 Divisions d’Infanterie du 1er Corps d’Armée

  • 1re Division d’Infanterie (Lille) (Général Gallet)
    • 1re Brigade d’infanterie (Lille) (général François Louis Albert Marjoulet)
      • 43e régiment d’infanterie (Lille)
      • 127e régiment d’infanterie (Valenciennes)
    • 2e Brigade d’infanterie (Cambrai) (Général Christian Sauret)
      • 1er régiment d’infanterie (Cambrai)
      • 84e régiment d’infanterie (Avesnes-sur-Helpe)
  • 2e Division d’Infanterie : (Arras) (Général Henri Victor Deligny). C’est celle du 33ème Régiment d’Infanterie.
    • 3e Brigade d’infanterie (Arras) (Général Robert Duplessis)
      • 33e régiment d’infanterie (Arras)
      • 73e régiment d’infanterie (Béthune)
    • 4e Brigade d’infanterie (Saint-Omer) (colonel Philippe Pétain)
      • 8e régiment d’infanterie (Saint-Omer)
      • 110e régiment d’infanterie (Dunkerque)

Restent les hommes que l’on retrouve dans les unités suivantes (unités d’aide et de soutien non décrites ici) :

  • Éléments organiques divisionnaires
    • 27e régiment d’artillerie de campagne (Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys)
      • 6e escadron du 6e régiment de chasseurs à cheval
      • 1/2 Compagnie du 3e régiment du génie
  • Éléments non endivisionnés (ENE)
    • 201e régiment d’infanterie (Cambrai)
    • 284e régiment d’infanterie (Avesnes-sur-Helpe)
    • 1er régiment d’artillerie à pied (Maubeuge, Dunkerque)
  • Éléments organiques de corps d’armée
    • État-major du 1er corps d’armée (Lille)
    • 41e régiment d’artillerie de campagne (Douai)
    • 6e régiment de chasseurs à cheval
    • Compagnie 1/3, Compagnie 1/4, Compagnie de pontonniers 1/16, Cie Parc 1/21 du 3e régiment du génie
    • 1re section du train des équipages (Lille)
    • 1re section de secrétaires d’état-major et de recrutement (Lille)
    • 1re section de commis et d’ouvriers militaires d’administration (Lille)
    • 1re section d’infirmiers militaires (Lille)
    • 1re légion de gendarmerie (Lille)

L’ensemble atteignant le total de 40 000 hommes en ce mois d’août 1914.

Le 1er Corps d’Armée sera réorganisé régulièrement avec l’avancée du conflit.

*

Le 33e régiment d’infanterie

Les informations de cet article seront complétées dans les mois suivants en fonction des recherches effectuées et des renseignements collectés !

Rappel de la composition et des effectifs d’un Régiment d’Infanterie

Composition et effectifs d’un Régiment d’Infanterie

Un régiment d’infanterie est constitué de 3 bataillons donc 3 fois 960 hommes de troupe auxquels il faut rajouter l’encadrement (Officiers – sous/officiers) et autres ( voir plus bas).

On admet qu’un Bataillon est composé de 1000 à 1100 hommes (environ et variable selon dispositions particulières).

Il faut donc ajouter les militaires aux fonctions spécifiques des « personnels spécialisés ». Ce que nous présentons ci-dessous (d’après chtimist.com « Un Régiment c’est quoi ? »).

  • Etat Major
    • Chef de Corps (colonel ou lieutenant-colonel)
    • 2 médecins majors
    • 1 médecin aide-major
    • Officier adjoint chef de corps (capitaine)
    • Trésorier (capitaine)
    • Aide Trésorier (sous-lieutenant)
    • Officier Matériel (capitaine)
    • Adjoint Officier Matériel (sous-lieutenant)
    • Chef de Musique
  • Compagnie Hors Rang (CHR)
    • Le personnel de l’officier d’approvisionnement
      • Un adjudant adjoint
      • 1 sergent-major
      • 2 sergents
      • 1 sergent boucher
      • 5 bouchers
      • des cyclistes et conducteurs
    • Le personnel de l’officier de détail :
      • 1 sergent-major artificier
      • 1 caporal secrétaire
      • des secrétaires
      • des conducteurs
    • le personnel de l’officier chargé des liaisons téléphonistes :
      • téléphonistes
        • 2 sergents
        • 7 caporaux
        • 35 hommes
      • radiotélégraphistes :
        • 1 sergent
        • 4 caporaux
        • 15 hommes
      • signaleurs :
        • 1 sergent
        • 1 caporal
        • 4 signaleurs
    • un peloton de sapeurs bombardiers :
      • 1 adjudant
      • sapeurs ouvriers d’art :
        • 1 caporal
        • 12 sapeurs
      • pionniers :
        • 2 sergents
        • 4 caporaux
        • 48 pionniers
      • bombardiers :
        • 1 sergent
        • 3 caporaux
        • 24 bombardiers
    • 1 chef armurier
      • 3 armuriers
    • 1 vétérinaire (officier dans certains cas)
      • 1 brigadier maréchal
      • 5 maréchaux
      • 2 bourreliers
    • 1 sergent brancardier
    • 1 vaguemestre par bataillon plus 1 aide
    • éclaireurs montés
      • 2 maréchaux des logis
      • 2 brigadiers
      • 5 cavaliers
    • des sous-officiers comptables
    • des cuisiniers plus des hommes de corvée
    • les ordonnances des officiers de l’état-major du régiment
    • 1 tailleur
    • 1 cordonnier
    • Un sous chef de musique
      • Tambour Major
      • Sous Chef musique
      • 35 à 40 musiciens

Le bataillon

Le bataillon (1000 hommes environ) comprend une section de mitrailleuses et est divisé en quatre compagnies.
Il est commandé par un chef de bataillon (commandant).

  • Officier adjoint (lieutenant)
  • 2 Médecins
  • Adjudant du bataillon
  • Artificier
  • Brancardier
  • 3 à 4 conducteurs d’ambulance
  • 3 ordonnances
  • Adjoint approvisionnement

Section de Mitrailleuses

  • Lieutenant commandant le section
  • Adjoint (sergent)
  • 2 caporaux
  • 10 conducteurs
  • Armurier
  • Ordonnance
  • Télémètre
  • 7 soldats

La compagnie

Elle est commandée par un capitaine, elle est divisée en 2 pelotons. Son effectif comprend :

  • Le Capitaine commandant la compagnie
  • 1 adjudant de compagnie
  • 1 sergent fourrier de compagnie
  • 1 infirmier
  • 1 tailleur
  • 1 cordonnier
  • 1 cycliste
  • 4 brancardiers
  • 1 caporal fourrier
  • 3 conducteurs

Le Peloton

Il est composé de 2 sections et commandé par un lieutenant. Son effectif comprend :

  • 1 clairon
  • 1 tambour

La section

Elle se décompose en 2 demi sections, elle est commandée par un lieutenant (ou un sous-lieutenant, ou adjudant).

La demi-section

Il est composé de 2 escouades et commandée par un sergent.

L’escouade

Elle est composée de 15 soldats et commandée par un caporal.

Les trains « régimentaire et de combat »

Environ 150 chevaux et 60 voitures forment les trains « régimentaire et de combat ».

Ils forment un « train » d’environ 1 Km de longueur.

Le train régimentaire (TR) : ensemble des moyens d’un régiment destinés à fournir ce qui est nécessaire aux unités pour subsister.

Commandé par l’officier d’approvisionnement, il comprend trois sections :

  • 2 sections de 5 fourgons assurent alternativement le ravitaillement et la distribution d’un jour de vivres, commandées chacune par un sergent
  • 1 section de réserve de 3 fourgons, au ordre du sergent-major du train régimentaire
  • 2 voitures à fourrages
  • 2 fourgons ou chariots de parc à 3 chevaux pour le transport de l’avoine
  • 3 voitures à viande
  • 6 chevaux haut le pied

Le train de combat (TC) : ensemble des moyens d’un régiment destinés à fournir ce qui est nécessaire aux unités pour combattre. Commandé par l’officier de détail, il comprend :

Pour le régiment :

  • 2 voitures légères d’outils
  • 3 voitures d’engins d’attaque
  • 6 voitures à eau
  • 1 grande voiture pour blessé
  • 1 voiture de matériel médical (brouettes, porte-brancards)
  • 2 forges
  • 3 voiture à vivre et à bagages
  • 2 cuisines
  • 1 voiture postale
  • des chevaux de mains

La présence religieuse aux Armées pendant la Guerre 1914-1918

« Le cléricalisme, voilà l’ennemi » avait dit Gambetta en 1877 et à partir de 1879, les « républicains-anticléricaux » au pouvoir, n’ont de cesse d’éliminer les religieux des congrégations qui, sous la protection du Concordat de 1799, tiennent une place importante dans la société : écoles, hospices, hôpitaux, prisons…

  • En 1880, cette laïcisation touche l’Armée par la suppression de l’aumônerie militaire. La loi garantit toutefois le libre exercice des cultes (catholique, protestant, israélite) et prévoit la présence de ministres du culte, « sans rang, ni grade », dans des conditions à déterminer… Elles ne le seront qu’en 1913.
  • Autre mesure anticléricale : la loi de 1889, qui institue un service militaire de trois ans, revient sur l’exemption de service dont bénéficiaient les séminaristes (comme les enseignants) et les oblige à effectuer un service militaire d’un an. En 1905, ils sont alignés sur le régime commun : on ricane « les curés, sac au dos ». En réalité, c’est cette loi qui va permettre de disposer dès 1914, de milliers de « prêtres-soldats ».
  • Le décret d’application de la Loi de 1880, sorti en 1913 (enfin !) affecte deux prêtres, un pasteur et un rabbin par groupe de brancardiers du corps d’armée et un prêtre par groupe divisionnaire ; soit au total, 4 prêtres pour 30 000 combattants, mais dans des unités médicales éloignées du front.

A la déclaration de la guerre, il n’existe qu’une centaine d’aumôniers dans les groupes de brancardiers et le ministre de la guerre va devoir faire appel à 250 prêtres volontaires, trop âgés pour être mobilisés. En réalité, la présence religieuse aux armées sera exercée par les milliers de « prêtres-soldats » mobilisés. Avec l’accord de leur colonel, ils seront désignés comme aumôniers régimentaires « officieux », et progressivement, en 1918, tous les régiments et la plupart des bataillons vont bénéficier d’un prêtre.

Le rôle des religieux sera important durant le conflit. Pour le 33ème R.I l’aumônier du Régiment sera d’une aide précieuse pour chacun des combattants. Nous en reparlerons en temps voulu.

© 2015 Communauté des paroisses du Littoral Ouest | Source : Xavier Boniface : « L’aumônerie militaire française (1914-1962) ».

*

Le 33ème Régiment d’Infanterie a bonne réputation

Historique du Régiment :

Il faut rechercher l’origine de sa création au 17 janvier 1625. C’est le gouverneur d’Angers de l’époque, le baron de Plessis-Joigny qui décide de créer un nouveau « Régiment de pied » (Nous sommes sous Louis XIII).

Ce régiment qui initialement portera son nom et participera à pratiquement toutes les campagnes de l’Ancien Régime. Il changera ensuite plusieurs fois de nom.

C’est à la fin de la guerre de 7 ans sous Louis XV (1756-1763) qu’il se scinde en 2 unités : le Régiment de Savoie et le Régiment de Touraine.

C’est alors que le régiment de Touraine stationne à Arras une première fois avant d’être envoyé en Amérique et participera avec l’armée de Rochambeau à la lutte contre les Anglais. De retour en France, le régiment participe à la bataille de Fleurus au début de la Révolution en 1794. En 1796 on le nomme la 33ème demi-brigade après la réforme des armées .Elle stationne dans différentes villes et participe à toutes les campagnes napoléoniennes et prendra le nom de 33ème Régiment d’Infanterie de Ligne.

Le régiment servira les régimes successifs et trouvera son campement définitif en 1868 à Arras et s’installe au Quartier de l’Esplanade.

Le 33ème RI à Arras se partage entre 3 casernes (appelés quartiers en jargon militaire).

La caserne principale a été construite près de la citadelle de Vauban, on la nomme : « Quartier de l’Esplanade », celle où se trouve notamment le commandement.

Un autre casernement se situe plus près du centre-ville historique. Lui se nomme « Quartier Héronval ».

Le dernier ensemble de bâtiments se situe au « Quartier Baudimont », un peu plus loin.

Or le Général Boulanger qui fut Ministre de la Guerre dans les années 1880 et qui prit quand même quelques bonnes décisions pendant son ministère, prit le décret demandant à ce que l’on attribue aux bâtiments militaires le nom d’une personnalité ayant marqué l’histoire des armées . En privilégiant, autant que possible, des personnes du cru. C’est la circulaire du 25 mars 1886.

Pour les 3 quartiers du 33ème RI on choisit le nom de « Caserne Schramm » pour la caserne de l’Esplanade et on baptisa celle du Héronval du nom de « Caserne Lévis » et « Montesquiou » pour l’antenne Baudimont.

Le 1er site : La Caserne Schramm

Les Schramm pères et fils eurent des états de service exemplaires.

Le père Jean-Adam né en 1760 mort en 1826 s’illustra dans toutes les campagnes de l’Empereur. Sa bravoure à Austerlitz, le 2 décembre 1805, lui fit obtenir la Légion d’Honneur et le grade de Général.

C’est plutôt la carrière du fils qui engendra l’attribution du nom aux bâtiments de l’Esplanade. Celui-ci né en 1789 n’avait qu’une envie, celle de faire la même carrière des armes que son père. Il s’engage le plus tôt qu’il put (on dit qu’il a triché sur son âge et se serait vieilli de 5 ans et s’engage à 10 ans !) et se retrouva, lui aussi engagé dans les combats d’Austerlitz 5 ans plus tard. Il y mit tant de fougue qu’il fut probablement le plus jeune décoré de la Légion d’Honneur. Il fit ensuite une longue carrière militaire pour finir Général et même Ministre de la Guerre sous la présidence de Louis Napoléon Bonaparte.

Il doit détenir le record de la plus courte longévité, en effet il n’aura été Ministre que 79 jours. Les alliances allaient et partaient assez vite en cette période. Il était un fidèle de Changarnier qui deviendra hostile à Bonaparte au même moment. Son lien avec Arras vous me direz ?

Eh bien il y est né le 1er décembre 1789.Son père était alors capitaine au régiment de Diesbach alors en garnison à Arras. Le fils eut une carrière interminable et vécut jusque l’âge vénérable de 94 ans au moment de sa mort le 35 février 1884.

Les Schramm père et fils ont tellement marqué l’histoire militaire de l’Empire que leurs deux noms figurent sur l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile.

La Caserne Schramm

La Caserne Schramm

La Caserne Schramm

Le 2ème site : La caserne LEVIS… d’abord nommée HERONVAL.

Elle est construite peu avant la Révolution à l’emplacement du lycée Carnot actuel.

Le choix de Lévis pour la caserne Héronval vient du fait que François Gaston de Lévis (1719-1787), connu sous le nom de « Chevalier de Lévis » vécut à Arras.

Issu d’une famille noble des Yvelines, il entame une longue carrière militaire sous Louis XV. Il s’illustre beaucoup au Canada dans les armées du Marquis de Montcalm qui combat contre les Anglais. Il participera aux campagnes de la défense de Québec et de Montréal comme Commandant en second en 1759, mais Montcalm capitule en 1760 devant les Anglais à la bataille de Sainte-Fois près de Québec.

Il revient en métropole et sera nommé par Louis XVI Gouverneur d’Artois puis d’Arras en 1780 jusqu’à l’année de sa mort en 1787. IL avait été fait Maréchal de France en 1783.

Dictionnaire : François Gaston de LEVIS, héros malheureux du Canada, Colonel à 26 ans, Général de brigade à 36 ans, Maréchal de France à 63 ans, laisse une renommée de grand gouverneur d’Arras et d’Artois. L’église St Nicolas-en-Cité porte une plaque rappelant son souvenir. Seigneur d’Avesnes-le-Comte par échange de sa terre de Vélizy, il obtiendra le titre de duc en 1785 peu avant sa mort.

La caserne Lévis

La caserne Lévis

La caserne Lévis

Et n’oublions pas le 3ème site : La caserne Montesquiou.

Attention. Lorsque l’on parle Montesquiou, on pense au célèbre d’Artagnan d’Alexandre Dumas. Les 3 Mousquetaires. Le 4ème : Charles de Batz-Castlemort d’Artagnan avait laissé des mémoires dont s’est inspiré Dumas. Charles d’Artagnan que l’on retrouve agonisant sous les remparts de Maastricht le 25 juin 1673.

C’est son cousin Pierre Montesquiou d’Artagnan qui donnera son nom à la caserne Baudimont.

Né en 1640, il est le protégé de Mazarin quand il devient mousquetaire à 24 ans. Il est de toutes les campagnes de Louis XIV qui le nomme Gouverneur.

Il est nommé gouverneur d’Arras par Louis XIV en 1693. Il y crée le fameux régiment D’Artagnan, deviendra Maréchal de France en 1709. Il reste jusqu’en 1716 à Arras avant de devenir Gouverneur de Bretagne. Il meurt en 1725 au Plessis-Robinson.

Caserne Montesquiou

A droite sur la photo se trouvent les bâtiments de la caserne Montesquiou.
Actuellement le Lycée Baudimont à Arras

Remarque : l’ouvrage militaire le plus important d’Arras et qui ne souffrit pas des bombardements de 14-18 est la magnifique Citadelle d’Arras, commandée à Vauban par Louis XIV lors de son séjour à Arras en 1667. Or celle-ci fut appelée la belle inutile car il est vrai qu’elle ne servit jamais comme bastion de défense du Royaume.

Elle prit le nom de quartier Turenne. Turenne, oui le fidèle Maréchal de France de Louis XIV connu aussi sous le nom de Vicomte de la tour d’Auvergne.

Un de ses faits d’Armes est la défaite qu’il infligea aux Espagnols à Arras le 25 août 1654. Date si importante il faut croire car c’est cette date qui a été choisie pour les fêtes de la ville. Le quartier Turenne abritait en 1909 le 3ème Régiment du Génie.

Entrée de la Citadelle d’Arras

Entrée de la Citadelle d’Arras lieu de Résidence du 3ème Génie au début de siècle.

Le 33ème Régiment d’Infanterie en août 1914

Cette partie est écrite avec les éléments provenant de différentes sources. Cependant ces informations sont encore parcellaires.

Parfois les renseignements prêtent à confusion. Seuls des éléments précis permettront de construire : L’Histoire des « Hommes du Régiment ».

Celle-ci sera mise à jour en fonction des renseignements complémentaires qui nous arriveront les mois prochains.

Ne sont mentionnés que les noms d’officiers rattachés à leurs unités.

Les biographies de certains de ces Officiers ou d’Hommes du Régiment apparaîtront ultérieurement.

A l’entrée du conflit, Le Régiment est composé de 3 Bataillons constituées de 12 Compagnies
et d’unités de soutien.

Le Chef de Corps au 1er Août 1914 est le Lieutenant-Colonel Jean-Paul Stirn.

Il a pour commandant en second le Lieutenant-colonel Grandjean.

Le capitaine Badel est son capitaine-adjudant-major (Officier Adjoint).

Noms d’Officiers en place dans les 3 Bataillons

Certaines informations ont besoin de confirmation avant d’être ajoutées. Ce qui sera fait en fonction des recherches effectuées.

  • 1er Bataillon : Commandant Verwaerde
    • 1ère cie : Capitaine Lapertot
    • 2ème cie : Capitaine Grard
    • 3ème cie : Capitaine Robert, Sous-Lieutenant Corbeil
    • 4ème cie : Capitaine Vautrain, Lt de Marenches, Sous-Lieutenant Desmoulins
    • Ière section mitailleuses: Lt Hubert
  • 2ème Bataillon : Commandant Momenteau
    • 5ème cie : Capitaine Dezeustre
    • 6ème cie : Capitaine Cary
    • 7ème cie : Capitaine Baggio, Lieutenant Castaigne
    • 8ème cie : Capitaine Saliceti
    • 2ème section mitailleuses
  • 3ème Bataillon : Commandant Grasse
    • 9ème cie : Capitaine Charrue
    • 10ème cie : Capitaine Carton, Lt Dessaint, Sous-Lieutenant Allart
    • 11ème cie : Capitaine Maës, Lt Charles de Gaulle
    • 12ème Cie : Capitaine Bataille, Lt Thuillier, Sous-Lieutenant Pichon
    • 3ème section mitailleuses : Lt. Dion
  • Abbé Vittel, Aumônier du Régiment

Les renseignements sur les autres unités du Régiment sont encore top parcellaires pour en faire un inventaire intéressant.

N.B : Les Biographies de ces personnages sera publiée ultérieurement.

Les noms de ces Officiers sont ceux du 1er août 1914, au premier jour de la mobilisation mais cette liste évoluera au gré des pertes et des mutations durant les 4 années du conflit.

Nous allons retracer dans l’article suivant, le parcours du 33ème R.I durant l’année 1914.

3 Comments

  1. Votre travail est génial et bien documenté, il m’aide beaucoup pour suivre mon arrière grand père Victor Dhénin qui appartenait au 33 ème RI et qui a fait toute la guerre jusqu’en 1919; Est-ce que vous savez comment savoir à quel bataillon et quelle compagnie il appartenait?
    Merci

  2. Bonsoir, je découvre votre site sur 33eme RI qui est fort intéressant. Mon grand père léonard Augustin Sebert matricule 2958 classe 1914 y fut incorporé le 9 septembre 1914 a accompli un stage de mitrailleur au camp de la courtine du 20 décembre 1914 au 15 janvier 1915 j’aurai aimer en savoir un plus sur son parcours de mitrailleur dans ce régiment ,mais comment faire ,
    cordialement ,Robert Sebert.

  3. Bonjour je recherche sepulture et photos de mon grand oncle Cliquet Celestin classe 1912 33 RI Bethune mort pour la France le 16 fevrier 1915 a Mesnil les Hurlus Marne matricule 1190 ne a Mazingarde 31 mai 1892 pas de calais mineur a Bully les Mines

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