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Posted by on 24 Août 2014 | 0 comments

La Bataille de Mons : 23 et 24 août 1914

Dès le début du conflit au début août 14, les Allemands n’ont eu de cesse au mépris du droit international d’appliquer le plan Schlieffen-Moltke qui voulait encercler l’armée française en la débordant par le Nord.

Pour réaliser ce plan, les Allemands décident de passer par la Belgique et le Luxembourg et ainsi, se rendent coupables de violation de neutralité de ces Etats Souverains ! C’est ce qui décide la Grande-Bretagne à déclarer la guerre à l’Allemagne le 04 août.
L’effet de surprise espéré par les Allemands n’est qu’une utopie. Les Franco-Britanniques avaient anticipé cette éventualité.

Le plan XVII : Le plan militaire de l’armée française préparé en 1913, applicable à partir du 15 avril 1914 prévoit que :
La majeure partie du corps de bataille soit envoyée le long des frontières franco-belge et franco-allemande (de Givet à Belfort), avec une variante pour faire face à une possible invasion de la Belgique par les armées allemandes.

L’entrée de troupes anglaises en France au début du conflit n’était pas acquise !

Cependant, pour le cas où une armée anglaise viendrait en France combattre à nos côtés, notre état-major avait prévu sa concentration dans la région Cambrai -Le Cateau. Cette armée arrivera bien peu après l’entrée des Allemands en Belgique, mais ira à Amiens vu l’avancée allemande. Rapidement, elle marchera vers la Belgique dans le secteur de Mons.

Le plan XVII prévoyait d’attaquer les Allemands à l’est en Alsace et Lorraine. Le 6 août 1914, dans son quartier général de Vitry-le-François, en Champagne-Ardenne, le chef d’état-major Joseph Joffre, après quelques hésitations, décide d’appliquer le plan XVII et d’attaquer en Alsace et en Lorraine. C’est le jour J du début de l’offensive.

Les Allemands, eux, pénètrent en Belgique dès le 4 août. Liège est prise le 07 mais la résistance (imprévue) des Belges retarde l’avance des Ière et IIème armées.

Mi-août, les Allemands de la IIIème armée se heurtent aux forces françaises à Dinant (épisode que nous avons relaté !).

Rapidement, l’état-major Allemand décide de reprendre l’offensive afin de contourner les Français et marcher sur Paris.

C’est durant cette partie de la guerre de Belgique appelée guerre des 18 jours (07-25 août 1914) que prennent place les batailles de Mons, Liège, Namur-Charleroi puis Guise après la retraite.

La Bataille de Mons

Le 23 août

  • L’armée anglaise, (80.000 hommes) est sous les ordres du Maréchal French
  • La Ier Armée allemande (260.000 hommes) est sous les ordres du général Von Kluck

Les forces semblent disproportionnées, 1 pour 3 mais ce qui sera une chance pour le corps expéditionnaire anglais sera le fait que Von Kluck ne va pas engager simultanément toutes ses unités, mais au fur et à mesure de leur arrivée vers Mons.

Les combats

La Ière armée Allemande vient de participer à la prise de Bruxelles le 20 août et poursuit sa marche vers Paris. Le commandement allemand ne croyait pas à l’arrivée prochaine de forces anglaises, sans doute par suite de cet avis du G. Q. G. daté du 20 août et reçu le 21 août au soir : « Il faut s’attendre à ce que les Anglais débarquent à Boulogne et débouchent de la région de Lille. On reste cependant persuadé ici que des débarquements importants n’ont pas encore eu lien. »

Les Anglais, eux, sont sceptiques et indécis ! Le nouveau secrétaire d’Etat à la Guerre, nommé en août, Lord Kitchener (immortalisé par l’affiche présentée un peu plus bas) et le (très influent) commandant du 1er corps d’Armée la BEF, sir Douglas Haig sont partisans d’attendre un peu. Le BEF (British Expeditionnary Force) est le nom donné aux forces anglaises à l’entrée de la guerre. Exclusivement composé de soldats de métier, cette armée fut créée par le Secrétaire d’État à la Guerre Britannique Richard Haldane après la Seconde Guerre des Boers de 1902 dans le cas où le Royaume-Uni puisse, en cas de nécessité, déployer rapidement une force de la British Army  capable de prendre part à une guerre outre-mer.

En 1914 son commandant est le caractériel Maréchal de camp John French. Pour les Anglais, les Allemands vont progresser, renverser les troupes belges et françaises et marcher sur Paris rapidement. Alors mieux vaut rester à Amiens, là où les Anglais sont en garnison (et non à Cambrai comme prévu avant-guerre). Ils vont s’organiser pour faire face à la progression des Allemands sur Paris. L’intention initiale de se déployer sur une ligne Cambrai-Le Cateau fut abandonnée vu le déroulement des opérations !

Ici intervient la propagande de guerre qui sera omniprésente durant 4 ans !

French qui a reçu des instructions secrètes de son gouvernement lui recommandant de conserver son armée intacte, en l’exposant le moins possible, aurait eu comme conseil d’attendre.

L’Angleterre redoute une invasion de son territoire ! George V est le cousin de l’empereur Guillaume II d’Allemagne et du tsar Nicolas II de Russie. Ils sont tous les deux descendants de la Reine Victoria. Il se dit que Guillaume au nom des liens du sang aurait essayé de dissuader Georges d’entrer en guerre contre l’Allemagne. De plus l’Empereur avait l’ambition pour son pays de devenir une puissance maritime et coloniale. Il voulait s’ouvrir la route vers la mer méditerranée. Et pour ce faire, la neutralité, au moins, de l’Angleterre était indispensable. D’autres rumeurs s’étaient répandues qui prêtaient l’intention aux troupes allemandes de faire route vers Calais et se trouver face à l’Angleterre !

Quoi en penser ? Facile de juger après coup du caractère incongru de ces idées. Quoiqu’il en soit, French décide au mépris des instructions reçues d’aller à la rencontre de Von Kluck, là-haut, en Belgique. La rencontre aura lieu un peu plus tard à Mons le 22 août 1914.

Revenons un peu en arrière :

Ce 6 août 1914, dans son quartier général de Vitry-le-François, en Champagne-Ardenne, le chef d’état-major Joseph Joffre, après quelques hésitations, décide d’appliquer le plan XVII et d’attaquer en Alsace et en Lorraine. C’est le jour J du début de l’offensive.

Début août, les Anglais sont en garnison à Amiens. Ils ne reçoivent pas encore l’ordre de marcher à la rencontre de l’ennemi en Belgique.

Il faut dire que le gouvernement de sa Gracieuse Majesté, nous l’avons vu, redoutait une invasion Allemande de son territoire ! Rumeur infondée ? Peur irraisonnée ? Nul ne le sait ! Prendre place au nord de la France est une défense possible ! Et comme French est entêté, le choix est fait. Il est décidé de déployer ses forces en Belgique.

Sous l’impulsion de French décidé d’en découdre et à marches forcées, les Anglais du Corps expéditionnaire Britannique ou BEF (British Expeditionnary Force) et Allemands de la Ière armée se trouvent face à face de part et d’autre de la ville de Mons au soir du 22 août. D’après le rapport de French, l’armée anglaise, nous le savons maintenant, avait été concentrée du 21 au 22 août sur le canal Condé-Mons et vers Binche.

Il s’agit pour bon nombre de soldats Britanniques, de leur premier contact avec l’ennemi. L’angoisse et la peur ne sont rien face à la fougue et l’impatience de ces jeunes soldats surentrainés et qui voient soudain pouvoir se réaliser leur ambition, celle du guerrier avide de Gloire et d’Honneurs ! Ils sont pressés d’en découdre !

Ah les malheureux ! Si, ils pouvaient deviner ce que sera cette guerre qui débute ! Mais, les évènements vont se précipiter !

Le lendemain, les Allemands décident d’attaquer.

Les combats débutent ce matin du dimanche 23 août. Au lever du jour, le temps est brumeux et pluvieux. Les Allemands bombardent copieusement les lignes anglaises Vers 10h le ciel se dégage et fait place à un temps clair.

Les fantassins allemands attaquent en rangs serrés, les Anglais qui ne sont, on l’a vu, à l’époque que des militaires de carrière et fraîchement débarqués sont heureux de participer à leur premier combat. Ils déciment avec allégresse ces pauvres Allemands envoyés à une mort certaine.

Jusqu’à minuit, des combats acharnés opposent les forces en présence. Les pertes des Britanniques sont énormes. Les Anglais se trouvent isolés, menacés d’encerclement et doivent décrocher au plus vite. French apprend que la Vème armée française bat en retraite vers la ligne Givet – Maubeuge.

French décide le 24 août à 2 heures du matin, de replier le corps Britannique pour atteindre des positions défensives plus au sud le long de la route menant à Paris. Celui-ci ordonne la retraite et l’alignement sur la Vème armée. Les troupes britanniques se replient pour atteindre des positions défensives le long de la route entre Valenciennes et Maubeuge.

Les soldats britanniques, eux n’ont pas compris pourquoi on leur imposait de se replier, de reculer devant un adversaire qu’ils pensaient dominer. Nulle-part, à priori, le front n’était percé, sauf à l’endroit nommé « Saillant de Mons ». Nulle-part, les Allemands n’avaient eu d’ascendant sur eux. Ils étaient invaincus, mais pourtant les ordres étaient formels, ils devaient partir, abandonner le terrain si chèrement défendu. Certains régiments même n’avaient pas tiré un seul coup de feu. C’était l’incompréhension, mais les ordres sont les ordres ! Les deux corps britanniques avaient un secteur trop étendu à défendre, 20 km, et l’afflux incessant des troupes de Von Kluck allait finir par enfoncer les lignes britanniques.

Von Kluck, après cette victoire chèrement acquise, n’aura de cesse de poursuivre et essayer d’encercler l’armée anglaise sur plusieurs dizaines de kilomètres… En vain !

Le bilan de cette bataille n’a jamais été établi d’une façon très précise ni par les Britanniques et surtout encore moins par les Allemands. Bien au contraire, ces derniers se sont toujours gardés de publier des chiffres officiels tant pendant le conflit que par la suite. Du côté britannique, le chiffre des pertes le plus réaliste et le plus vraisemblable se situe aux environs de 4200 hommes !

On peut raisonnablement estimer les pertes allemandes à 7500 hommes ! Du côté allemand, les pertes sont plus difficiles encore à établir de manière certaine. Ce qui est sûr et sans conteste, c’est qu’elles furent plus élevées que celles des Britanniques. Cela est surtout dû au fait des attaques en rangs serrés sous les tirs incessants et précis des adversaires.

Von Kluck et French, sont de ceux qui n’auront que faire du nombre de morts imputables à leurs stupides offensives durant tout le conflit !

Britons Lord Kitchener wants you
L'Oncle Sam peint par James Montgomery Flagg pendant la Première Guerre mondiale en 1917

L’Oncle Sam peint par James Montgomery Flagg pendant la Première Guerre mondiale en 1917

Célèbre affiche de fin 1914, lorsque Lord Kitchener sera convaincu que cette guerre sera longue et la seule armée de métier anglaise ne suffira pas !

En 1914, on décide d’en appeler aux volontaires avant d’imposer la conscription le 1er janvier 1916.Le portrait est celui de Lord Kitchener.

L’affiche étant l’œuvre d’Alfred Leete Celle-ci sera reprise en 1917 par les Américains.

Sa traduction : « Britanniques ! Lord Kitchener (son nom est remplacé par son portrait) vous veut. Engagez-vous dans l’armée de votre pays ! Dieu sauve le Roi ! »

Field Marshal Douglas Haig

Field Marshal Douglas Haig

 Lord Horatio Herbert Kitchener

Lord Horatio Herbert Kitchener

Maréchal John French

Maréchal John French

Général Alexandre Von Kluck

Général Alexandre Von Kluck

 

Ci-dessous : cartes des positions des différents belligérants avant les batailles de Mons et de Charleroi.

Cartes que l’on peut agrandir, surtout la première pour trouver Anthée, près de Dinant où se trouvait le régiment du 33ème qui récupérait après les effroyables combats de Dinant du 15 août 1914.

positions des différents belligérants avant les batailles de Mons et de Charleroi
positions des différents belligérants avant les batailles de Mons et de Charleroi

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